Une histoire de nappes
- Matéo Delesdiguieres
- 20 mars 2024
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : 18 mars
Matéo Delesdiguieres
Vous avez déjà fait attention à l’allure d’une table ? Comment le tenancier a décidé de la vêtir d’une unique tenue chaque soir, pour chacun de ses services ? Moi ça me torture. Plutôt que de contempler les passantes que nous offrent les pavés parisiens, me voilà à braquer le regard sur les pupitres culinaires. Et alors Baudelaire devient :
La rue assourdissante autour de moi hurlait
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une table se dressa, d’un verre de Bordeaux
Soulevant, balançant sa nappe à carreaux.
Il m’arrive de la voir se dresser nue, à afficher sans aucune pudeur son bois robuste. La semaine, elle rentre de l'atelier en salopette jetable et se permet de jouer Bardot avec sa jupe à carreaux. Mais si vous avez de la chance, elle enfile sa tenue de soirée, chic et élégante, qu’est sa belle robe blanche. Au cours de nos nombreuses passades, j’ai fait un tour dans sa penderie, et c’était remarquable.

Les nappes dans la restauration reflètent un certain art de vivre à la française que de nombreux établissements se plaisent à cultiver. Je ne prétends pas théoriser la sociologie du linge de table, et vous trouverez sûrement une exception à chaque règle que je vais inventer. Mais la prochaine fois que vous irez bâfrer, vous regarderez en dessous de votre assiette, et là vous crierez au génie !
Le carreau Vichy par Gabin et Bardot
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