Brèves de Gentleman – L'alcool, mais où en suis-je donc ?
- Romain de Vregille
- il y a 4 jours
- 2 min de lecture
Romain de Vregille
Illustré par Sammy Kleinn
L'alcool, mais où en suis-je donc ?
« L'essentiel réside dans notre capacité à maintenir l'équilibre, le Yin du plaisir contre le Yang de l'excès »
Les boissons alcoolisées font partie du quotidien du gentleman qui n'échappe pas, depuis sa folle jeunesse et ses soirées endiablées, aux propositions incessantes de consommation de boissons de tous ordres. Tel un Mad Men moderne, s'il ne prend pas conscience du phénomène, il peut vite se laisser dépasser. Bien sûr, le but de cette petite brève n'est pas de jouer le Père la Morale, chacun gère ses addictions comme il le souhaite, mais plutôt d'apporter un éclairage ludique sur l'addiction liée à la divine boisson.
En bonne société, le vin est le must, un vernis minimum est requis pour ne pas se laisser ridiculiser ni entraîner sans parachute sur des terrains glissants. Le mieux sera de faire parler votre interlocuteur, en le faisant deviser au choix sur les terroirs et leurs expressions, les cépages et leurs origines, les fermentations (l'alcoolique et la malolactique – la « malo » pour les intimes), les fabricants de fûts et la provenance de leurs chênes, les bouchons ou encore les contenants.
Les autres alcools dont il sera bon de connaître quelques éléments seront d'abord le whisky et la bière, puis le gin et le rhum. Mais si vous connaissez des alcools plus bizarres, que vous êtes capable de donner un bon conseil à un ami en souffrance (arrête le Negroni à Florence, passe au Sbagliato !) ou que vous pouvez sortir la prune de votre arrière-grand-père, alors vous gagnerez certainement de nombreux points avec vos convives.
Avec le sport, l'alcool constitue l'un des sujets majeurs d'échange en bonne compagnie. Mais gare à qui en abusera, les conséquences pourraient être rapidement néfastes : qui d'une jolie galette posée après un déhanchement sauvage sur un Billie Jean, qui d'un écart de langage qui coûtera une promotion, qui d'une prise de bec physique qui tournera mal, ou qui encore d'un geste déplacé qui ruinera des semaines à faire la cour élégamment à l'élue de son cœur. Bref, le retour de bâton(nage) peut être violent.
« Je peux boire tous les verres que je veux, pourvu que ce ne soit pas le premier » — Matthew Perry
Comme pour bien des addictions, l'essentiel réside dans notre capacité à maintenir l'équilibre, le Yin du plaisir contre le Yang de l'excès. Comme le disait feu Matthew Perry : « je peux boire tous les verres que je veux, pourvu que ce ne soit pas le premier ». Tenter temporairement l'abstinence (le Carême tombe à une période propice) nous permettra en tout cas de savoir où nous en sommes. Santé !